Posté le 15.04.2008 par bolivarrennais
bon les amis, on va etre franc... on a pas bosser ce coup ci
en fait on a qd meme pas mal de taf et puis surtout le rapport au temps change un peu, les journees st comme plus courtes alors que pourtant...
grosso modo laver son linge a la main ca prend du temps , faire a bouffer avec un seul gaz ca prend du temps, prendre l'apero en discutant ca prends du temps, aller se baigner... non c a 30m ca prends pas de temps..
Aller voir une assemblee de citoyens, ca prend deux jours ( faut kon vienne nous chercher kon dorme chez les gens...)
Tite anecdote dailleurs, g trouve ( c barbiche ki parle) le moyen de chopper la tourista qd on etait ds un village sans eau courante, dc toute la nuit le cul a lair au milieu du jardin, persuade qu un serpent allait me chauper le cul:: Du coup playa toruga c le grand confort..
Vraiment plus ca va plus on apprend a revisiter nos criteres... Rio Caribe qui nous est apparu coimme un trou paume le premier jour est effectivement une grande ville (internet le plus proche de chez nous a peu pres 1h 30 de bus... a prendre a 5h du mat!!!), playa tortuga ou on hesite a venir vivre se demandant si on allait tenir 5 mois c le grand confort...
Et on a toujours pas visite le village le plus eloigne de la mancomuninad..
Sinon il y a un couple de potes rencontres a Caracas ki sont passes nous voir, ca fait bien plaisir...
On a fait une presentation de la commune de paris devant les portes paroles des communautes, dans le cadre d'une journee de formation de la cooperative " de formation socio politique" playa tortuga": Bon g surement fait trop complique malgre les appeles du pied incessants de fanny.. je ferai mieu, ou plus simple la prochaine fois...
Sinon koi d'autre? Il y a des Loirs entre le faux plafond et le toit dsa la chambre, ca fait un sacre bordel et a vrai dire un peu les choquottes (je suis pas vraiment pas rassurer avec les bestiaux moi...)
Cana notre chien a trois pattes est vraiment completement debile, il a trouver le moyen de chiquer Ana qui pourtant l'adore...
Ca se confirme: on a vraiment deux mamas... Quand je suis rentre un peu malade de notre visite au pueblo, je suis aller me coucher direct (rappellez vous javai passe la nuit le cul au vent et pas franchement dormi), elles ont voulu m'emmener cash au medecin...
Les gens sont vraiment d'une gentillesse incroyable, ici on parle de "socialisme naturel" Exemple a la pelle: dans ce pays incroyablement machiste, Cecilio a pris le nom de sa femme et tous les soirs de 5h a 7h30, il s'occupe des enfants pendant que sa femme va a l'ecole suivre la mission riba qui donne l'education secondaire a tous ceux qui le souhaientent:
Apres de muiltiples tentative, fanny a abdiquer et accepte les cadeaux que nous font les gens kan on va chez eux ou kan ils viennent a playa tortuga: rappellons kils ont du mal a bouffer tout les jours... Du coup on es parti a carupano acheter des cadeaux...
Kan une femme est enceinte et prete a accoucher::: hoip un hamac et on marche jusqu a la route, le premier vehivule qui passe fera laffaire...
la banque de graine? Mais on es dja habituer, moi celui ki vient je lui donne des graines autant kil veut: En parlan dune variete de cacao traditionelle, il faut dc expliauer le ppe de mutualiser officialiser pour pas qu un brevet vienne leur chourrer ca..
bref c passionnant, humainement tres fort, on a du taf et des rencontres...
allez je vous embrasse et a la prochaine
ps ALLEZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZ LES JAUNES encore un match et c la legende renait pour tant est qu'elle soit morte
ps 2 pour les potes de barbiche; sab a choper ma place pour le festoche du bout du monde, a crozon ce le 8/9/10 aout et moi jarrive le 7 au matin en france
apres je pense aller tfaffer chez mes gds parents dc gde teuf pdt une 4/5 jours
avis aux amateurs
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Posté le 05.04.2008 par bolivarrennais
On est jeudi soir, il est 8h30 et il y a une coupure d’électricité depuis maintenant deux heures. En fait ici, l’électricité est gratuite (dans les coins les plus paumés) et donc l’entreprise publique voit pas vraiment la nécessité d’entretenir les lignes…
Je vais en profiter pour essayer de décrire un peu l’endroit où on est…
On habite à playa tortuga, un peu après san juan de goldones, bien après rio caribe sur la péninsule de paria. Grosso modo sur une carte, la route s’arrête à san juan…
La péninsule de paria est célèbre dans tout le vénézuéla pour ses plages magnifiques, son cacao (le meilleur du monde parait il, mais vu qu’ils sont aussi persuadés d’avoir les meilleures bières du monde, faut quand même voir à relativiser…) et son narcotrafic…
On vit dans la maison de la mancomuninad, à la playa tortuga. Playa tortuga, c’est une ancienne hacienda abandonnée par un gringo quand Chavez est arrivé au pouvoir (un peu dans le même style que les bourgeois parisiens qui sont allés planqués leur bagnole à la campagne en 1981, persuadés que tonton Mitterrand avait déjà appeler l’armé rouge à venir collectiviser la France..)
Et donc Nelly et Anna, deux femmes d’environ 60 ans, ingénieur civile et sociologue, formés aux states et à Harvard, décident de venir occuper l’espace ainsi abandonné ;
Après quelques années, le gouvernement leur attribue la terre de manière officielle, elles se construisent alors une baraque et gardent l’ancienne pour la mancommuninad ;
La mancommuninad, c’est huit villages des alentours qui se sont organisés en conseils communaux, une forme d’autogestion de communauté. Se rendant rapidement compte qu’ils ne pourront pas réaliser leurs projets chacun dans leur coins, ils ont décidé de se regrouper pour pouvoir les mener à bien, en collectivisant les coûts.
Pour situer un peu le contexte, sur les villages, il y en a un qu’a pas l’électricité, l’eau courante c assez rare, le premier médecin est à carupano, soit deux heures de bagnole (inutile de préciser que c’est un luxe difficilement accessible)..
Le taf de Nelly et Anna est vraiment impressionnant ça fait maintenant quatre ans qu’elles s’occupent d’organiser des journées de formation pour les paysans, les aident à monter des coopératives (pour l’instant il y en a quatre : transport, production de cacao, construction d’habitat et.. je sais plus) ; Ils se réunissent tout les dimanches au sein de chaque village et tout les vendredis, les voceros (portes paroles) de chaque communauté viennent à la playa tortuga pour l’assemblée de la mancommuninad.
En ce moment avec la chute duc cours du caca, ils sont limite à crever la dalle mais trouvent toujours la force de continuer à s’organiser et à lutter.
Luter un peu envers et contre tous…
Le maire et le governador (élu régional) sont appuyés par Chavez mais sont soient incompétent soient corrompus, selon votre degré d’idéalisme. Les huit villages sont répartis sur une zone d’à peu près 25km2. Au début je ne comprenais pas pourquoi c’était pas les huit villages les plus proches, mais en fait c assez simple. La plupart des villages ici vivent du narco trafic et voient donc nullement l’intérêt de s’investir dans un processus autogestionnaire socialiste. Juste pour préciser, la guerre des gangs entre village fait des ravages, et on compte plus le nombre de gamins adolescents buttés pour le compte des parrains de petit village perdus dans ce paradis.
Lutter contre le trafique de drogue et contre les institutions
Les huit villages de la mancommuninad sont les seuls à avoir encore jamais reçu de tune du gvnmt, puisque ici c’est le maire qui contrôle la distribution des tunes et que bien entendu il a tout filer aux conseils communaux qu’il a lui-même créés. Tune dont les communautés n’ont jamais vu le jour, puisque détournés par les voceros, après une petite commission empochée par le maire. Et autant dire que ces huit conseils communaux, organisés de manière autonome n’ont pas la faveur de l’élu.
Du coup, vu que ça s’est passé un peu comme ça dans tout le Vénézuéla, les conseils communaux doivent aujourd’hui suivre une procédure de formation encadrée par le ministère de la participation afin d’obtenir les aides financières.
C’est la formation qui a eu lieu quand on est arrivé. Les paysans ont été prévenu la veille, il fallait qu’ils sacrifient trois jours de travail, se taper deux à trois heures de marche (les plus lointains ne sont pas venus) pour suivre une formation dont ils avaient pour la plupart déjà intégrés les contenus via les formations dispensées par Nelly et Anna (dans le cadre de la coopérative playa tortuga, coopérative de formation idéologique…)
Ils sont venus, conscient que c’était une étape obligatoire pour avoir accès à la création de la banque communale. Les tunes arriveront bientôt ... peut être
Parce que entre temps, le maire a capté que c’étaient les seuls conseils communaux aujourd’hui assez organisés pour espérer avoir les financements d’ici peu donc il est en train de mettre la pression pour qu’ils intègrent dans la mancommuninad l’ensemble de « ses » conseils communaux…
Une dernière anecdote pour finir, pour l’instant… La mancommuninad a développé un projet de sécurité alimentaire intégrale, avec coopérative de production, de transformation des matières premières (pour se passer des intermédiaires), système de distribution jusqu’à des barrios de Caracas, pour aider également les conseils communaux là bas , vendre les produits à un juste prix tant pour le producteur que pour le consommateur, objectif d’autonomie financière à moyen terme, le tout englobant le projet de développement social endogène (instruction, santé, etc…) Le montant estimé est d’environ 1Millions de Bolivar (un peu plus d'un million de francs) pour faire vivre environ six cent familles (plus la distribution a Caracas)
Hier, Fanny est partie en voiture avec Anna, en chemin ils ont croisé sur la route une bagnole de la « police secrète » (en gros la BAC) qui venait d’arrêter un type. Aujourd’hui on a eu les échos de l’affaire. Le type a balancé un demi kilo de coke et son flingue par la fenêtre mais les keufs l’ont grillés. Ils ont rien ramassé mais le type a craché… 40 000 bolivar pour pouvoir se barrer (soit 50 000 francs). Ça se passait à 500 m de playa tortuga…
je précise au passage (Fanny) que les flics étaient en civils et du coup je n'avait pas tilté que c'était eux et comme Nelly nous a dit que tous les gros 4x4 c'était des mafieux, et qu'ils avaient tous des gros flingues sortis ou dans leur jeans, j'y ais cru, en même temps, un mec avec un flingue dans son jeans, avec ses potes qu'ont des flingues, à coté d'un 4x4...qu'est ce qui ressemble plus à un mafieux qu'un flic venezuelien en civil? Je me suis fait un des ces flip...
C’est dur mais l’espoir est tellement grand le projet si cohérent que je ne peux m'empêcher d’y croire… la révolution socialiste ne passera selon moi que par l’éclosion de micro projets qui, se généralisant, reliant les expériences, en arrivera a foutre en l’air ce système véreux. Quand les gens en arriveront à être plus heureux, cad a avoir à bouffer et une habitation correcte en travaillant dans des coopératives plutôt qu’en envoyant leurs gamins se faire buter en transportant de la coke, élisant un maire pourri jusqu'à la moelle en échange d’une télé ou que sais je.. Je parle pas de rêve ou de conscience, mais d'intérêt individuel… tristement lucide et joyeusement utopique…
PS ; vu que toutes les charges élues sont révocables, pourquoi n’avoir pas virer ce maire et ce governador me demanderez vous ? Parce qu’ils sont « chavistes » et que l’heure n’est pas à la division mais à l’unité des forces révolutionnaires..
PS 2 ; le frente nacional comunal simon bolivar avec qui on fait officiellement notre mission.. L’année dernière ils sont venu à playa tortuga faire une assemblée.. Nelly a trouvé Andres notre maître de stage en train de copier tout Ses document sur clé usb. Avec le projet de monnaie sociale qu’elles ont bossé pendant deux ans par ex, et qu’ils tentent ainsi de s’approprier.. L'anarchisme n’as as le droit de citer ici, et si l’idée est bien de créer une coopération entre un pouvoir populaire un pouvoir étatique ; je suis de plus en plus convaincu que n’importe quelle orga tombe très rapidement dans une lutte de pouvoir plus que de travail révolutionnaire…
Ps 3 ; une petite illustration des missions sociales impulsées par le gouvernement, ma mission « Madre del Barrio ». Le principe : donner 15 bourses par communauté à des femmes en situation précaires, cad avec des enfants et sans revenu. La bourse est de 2/3 du salaire minimum, versée tout les mois pendant un an et est conditionné à la participation à des ateliers de formation afin qu’à la fin de l’année les femmes puissent travailler dans un projet qu’elles auront développées ;
Ici dans la mancommuninad, cela représente 120 bourses, et les villages qui n’avaient pas besoin de 15 bourses les ont « données » aux autres villages de la mancommuninad qui en avaient plus besoin (plutôt que de les donner à des femmes de leur villages qui n’en avaient pas vraiment besoin..). Nelly et Anna ont organisés des ateliers de formation avant le début du programme afin que qd celui-ci commence, les femmes puissent avancer plus rapidement dans la réalisation de leur projet…
Comme toujours le maire (chaviste rappelons le à demander à ce que se soit la mairie qui gère les bourses afin de se sucrer au passage (« frais de fonctionnements »..) Prévenus par Nelly et Anna, l’institution a refusé et rappelé que seules les banques communales sont aptes à gérer ses ressources… Le projet le plus développé pour l’instant est celui de panaderia (sorte de boulangerie) collective… Mon stage consiste à développer le système de controllara social à savoir d’une part organiser le dépôt de plaintes cf. les dysfonctionnements des institutions et par ailleurs le système de contrôle des gestions des ressources internes au conseil communal.
Posté le 30.03.2008 par bolivarrennais
Juste pour présenter ce texte : écrit le deuxième soir de mon arrivée à Playa tortuga, un peu bourré, un peu mélancolique de mon aventure toulousaine, je le relis aujourd’hui et tiens à préciser quelques points… « pas forcément heureux » ? Si bien sur que si. Juste apprendre a renoncer aux plaisirs estudiantins qui ont rythmés ma vie depuis maintenant sept ans… Je m’adresse à mes potes toulousains car c’est avec eux que j’ai vécu ces moments si intenses. Et j’ai déjà pris l’habitude depuis un bon bout de temps de me passer de mes potes nantais, pour les retrouver lors des retours au bercails. Toulouse aura été d’autant plus d’intense que ce ne pouvait être qu’un moment temporaire…D’où la mélancolie de moments qui n’apparaîtront plus. Mais les moments à venir, perdus dans ma playa tortuga m’apparaissent déjà comme autant de bonheur à venir…
Salut les amis…
Je vous écris après une journée tellement intense que je me retrouve assez paumé..
Je suis dans une communauté formé par deux femmes, qui ont occupées une terre abandonnée par un gringo, et qui ont rassemblé huit villages en une zone autonome. Huit villages sans eau potable, sans électricité qui s’organisent pour accéder à une autonomie, construire eux même leur autosuffisance alimentaire, etc, etc..
Hier sont arrivés six types du gouvernement pour donner trois jours de formation. Les gens des conseils communaux ont déjà un tel niveau de conscience politique, se projettent dans la réalisation de projets tant socialistes que j’ai vraiment eu des frissons à observer les ateliers.
Bref, une révolution, non violente, et donc lente, occupée à construire, des gens analphabètes qui construisent de si belles choses
J'ai quatre mois pour observer, m'impliquer, étudier… grandir. Accomplir ces idées que je mûris depuis quelques années
Et au détour d’une retranscription je tombe sur quelques photos. De vous. De moi avec vous. Heureux. Je ne saurai jamais vous remercier assez de ces quelques mois de bonheur que vous m'avez procurez. Sans déconner je vous vois, toi Hakim, Marion, cassandre, Simon, Esther, willou, Yacine, adèle… putain que je vous aime. C’est qd même assez rare de rencontrer tant de gens, qui comme dirait l’ammi Brassens, te transpercent le cœur.
Je vais vivre quatre mois incroyables, pas forcément heureux puisque si loin de mes références, de tout ce que j'ai pu connaître jusqu’ici. Perdu au milieu de nulle part avec une amie et mes livres. Et tant de gens, sûrement autant bons que vous vous, mais que j'ai tant de mal à toucher. Je rêve parfois, de faire cette révolution au milieu des gens que jaime. Et pourtant je vous connais depuis si peu. J'aurai juste aimé vous connaître plus, avoir le bonheur du quotidien avec vous.
Vous m’avez donné une force qui me permet ici d'accomplir quelque chose que j’attendais depuis longtemps. Mais en même temps vous me manquez tant. Je peux pas dire que j’aimerai être avec vous ; troquer ma plage, ma communauté, cet espoir qui simple et si intense que je ressens ici.
Non j’aimerai que vous soyez avec moi. Le plaisir de votre compagnie n’a que peu d’égal. L’idéal révolutionnaire, que je porte et qui grandis, va de pair avec l’amour que je porte à mon prochain. Et vous autre toulousains, êtes chacun, à votre et à ma mesure, une part de cet idéal. Vivre avec un sentiment de bonheur immédiat. Vous sentir proche et savoir que je peux être si intensément libre en votre compagnie se balance avec la joie d’un environnement cohérent.
Je vous embrasse et vous dit à…. Qui sas !!!
Antoine
Posté le 30.03.2008 par bolivarrennais
Sur la péninsule de paria, il n’y a pas grand-chose, à part des humains et la cacao…
Sauf que nous ne sommes pas loin des antilles et de trinidad, résultat au milieu des ânes pépères et des camionnetas pourries qui diffusent de la salsa sur leur passage, se trimbalent des énormes 4x4, flambant neuf, qui appartiennent à la mafia locale…
Quand le cacao se vend 7BF le kilo, autrement dit, même pas 1€50, quelle alternative ? devenir passeur de drogue ? mafieu ? puisque personne n’a l’air de dire grand-chose…
Que faire fasse à des gens qui n'hésiteront pas à te trouer la peau, que faire quand on a faim et que l’OMC décide de manière plus ou moins arbitraire que le cacao ne vaut plus rien et dans la foulée que des populations entières vont crever la dalle ?
Les conséquences de la présence de drogue sur les populations sont énormes, tout ça pour quelques rails de cok’ pour les bourgeois européens, ça fait gerber, et c’est pas la défonce !
A ta santé l’ami !
Posté le 30.03.2008 par bolivarrennais
Je me lève tôt, réveillée par les cris des formateurs, p’tit dej rapide, la maison grouille déjà les voceros sont arrivé, barbiche dort…
Petit dej, petit café, il fait beau et chaud, c’est la belle vie, pleins de gens…pleins de sourire, d’attentes, d’espérance, de questions… c’est dur de ressentir l’étrangeté, le sentiment d’être dans un monde que l’on ne maîtrise pas, des codes, une langue, tout ça et puis l’humanité qui fait tout le reste et qui fait qu’on se sent déjà chez soi…
Et puis, bon, un peu de musique, allez, de la zic française, la rue kétanou, ça va le faire, alors je met la musique, et puis, c’est tellement décalé d’écouter ça au bout du monde quand personne ne parle français…
Un homme arrive, le sourire jusqu’aux oreilles, il me dis qu’il a un cadeau pour moi, je vais finir par en prendre l’habitude, hier, il m’a offert une mangue, délicieuse, juteuse, sucrée, ça m’a beaucoup émue… et là, il me sort deux langoustines, énormes, je suis super contente, on va se régaler… le cœur sur la main, quand on a rien, c’est énorme, comment ne pas être bien ici, la vie est tellement belle, tellement simple, parce que les gens ont le temps…
et puis tous ces projets, cette envie de faire ensemble pour ne pas laisser sa vie être guidée par le cours du cacao, c’est peut être ça la liberté, décider de changer ce qui parait inchangeable…l’utopie, ou peut être juste l’envie d’y croire, la foi…comme vous voulez !
Vous l’aurez compris, ce matin, je suis de bonne humeur !
Posté le 30.03.2008 par bolivarrennais
Il y a 10 ans, Nelly et Anna-Maria, on fait le pari fou de venir s’installer ici, au bout du monde, à Playa tortuga… et puis, certainement les sourires qui font qu’on s’attache et surtout l’envie d’aider les gens à changer leur destin, à décider pour eux-mêmes, en somme à être libre…
Il y a maintenant 5ans que les conseils communaux sont constitués ici, et la mancommunidad (qui regroupe les 8 conseils communaux) vie au rythme des réunions et des projets qui espèrent un jour voir le jour, lorsque les administrations successives donneront leur appui…
Résultat, 4 coopératives sont montées, un projet de monnaie sociale va peut être voir le jour etc…Ce projet de monnaie sociale est énorme, cela représente un boulot énorme d’avoir monté un truc pareil, faut vraiment avoir la foi, système de solidarité envers les paysans, qui leur permet une sécurité alimentaire, tout en permettant au barios de Caracas d’acheter leur nourriture à un prix juste, enfin, un système intégral de solidarité qui bouleverse les règles du capitalisme… peut être est-elle la différence avec la France, c’est qu’ici, on a le droit d’imaginer, de créer, parce que c’est la révolution et qu’elle tâtonne, bien sur…
Enfin, tous ces projets ne verront le jour que lorsque la mancommunidad serra doté d’une banque, et ce n’est pas facile en raison des lourdeurs de l’administration…ah… c’est le thème de la formation et il s’agit que les formateurs repartent bien motivés pour faire bouger les choses…
Ose tes choix !, ça me rappelle quelque chose ; peut être que ces deux femmes là, ont fait le choix d’oser vivre leur vie, loin de tout, avec une énergie folle et des rêves pleins la tête qui vont peut être se réaliser…Rêve ta vie, vie tes rêves…
Posté le 30.03.2008 par bolivarrennais
Après une nuit de bus, nous voilà, enfin, à Carupano, il est 7h 20 et le moins que l’on puisse dire c’est qu’on à la tête dans le cul… bon, après un tour dans la gare, nous décidons de prendre un taxi jusqu’à rio caribe…une vieille chevrolet, genre, la bagnole dans laquelle s’est fait assassiné kennedy, moins la décapotable !!!
Arrivés à Rio Caribe; le type nous demande ou nous déposer... Vu qu'on en as a peu près aucune idée, et qu'il est somme toute que 9 h du matin, on lui demande d'aller jusqu'à l'arrêt de bus pour san juan. Bon autant vous dire que arrêt de bus est une notion relativement différente que par chez nous; grosso modo ça donne dans lacote a la sortie du village en face de la panaderia...Nous décidons de poursuivre la route jusqu’à san juan de la goldonas, apparemment, c’est à 20 bornes, nous montons dans une camionneta, en fait c’est un pick up avec 2 bancs, nous voilà installé avec tout notre barda… en fait 20 bornes, ici, c’est long, une heure plus tard on est toujours pas arrivé, heureusement, le spectacle qui s’ouvre devant nos yeux est splendide, la mer turquoise, la montagne, des palmiers partout, des bananiers et les fèves de cacao qui sèchent sur la route, à part le confort, tout est là, ça y est on arrive au paradis… une heure et demi plus tard, on est arrivé, enfin, reste à trouver un endroit où crécher, la première posada est un peu chére, 100BF la nuit, faut pas déconner, celle d’en face, nettement plus spartiate n’est qu’à 50, on fonce, on a une « chambre matrimoniale », génial !!!
On se pose, et puis, aller, on va pas tourner autour du pot, on file se baigner…l’eau est trop bonne, le soleil cogne à mort, y a de la musique partout et les petites barques des pêcheurs, on savoure, beaucoup, encore et encore… puis, on cherche à manger, nous comprenons alors qu’on est vraiment dans un trou paumé puisqu’il n’y a qu’un endroit où l’on peut bouffer, et puis, on croule pas sous les infos pour remplir nos estomacs !!! p’tit poisson frit, ça fait du bien, allez, direction la fameuse playa tortuga où la fameuse nelly ne nous attend pas !
La camionnette nous dépose, devant un espèce de chemin qui file à pic vers la mer, andres nous a prévenu, y a des chiens…alors, nous nous armons, tous les deux autant terrorisé l’un que l’autre pas la race canine… pierres et bâton, on à l’air malin mais faut pas déconner non plus… après 10 minutes de marche et 20 d’attentes devant le portail quelqu’un vient… super.
Nelly nous reçoit et ce n’est pas la beauté de 26 ans que barbiche attendait, ça pourrai plutôt être largement sa mère… l’endroit est paradisiaque mais tellement reculé !
On tchatche, pour les stages, ça se présente plutôt bien, c’est cool, je vais pouvoir bosser sur l’auto sufisance ça me fait kiffer, ça à l’air génial, pleins d’idées, mais assez loin des doctrines, les gens auxquels on a à faire ne savent pas lire…
Nelly vit en fait avec une autre femme, je pense que c’est un couple qui a fuit le fait que la société venezuelienne est assez inhospitalière envers l’homosexualité, elle occupent une hacienda de cacao, où il y a leur maison plus une autre où il y a deux pièces, et c’est à peu prés tout. Les deux nanas sont sympas, assez barré, avec leurs dix clebards, leur boulot avec le cacao et la révolution dans les 8 villages où les conseils communaux étaient présents avant même la loi, les gens ont l’air assez organisé, les deux sont ingénieurs, ouah le trip de militantes qu’elles se tapent depuis 10 ans !!!
Nelly nous propose de nous héberger dans la salle dans laquelle se réunit tous les vendredi les portes paroles des 8 conseils communaux de la zone… on repart, moitié content, moitié flippé parce que l’endroit où nous sommes est inaccessible à pied, à 1h de marche du premier bled sachant que la zone est blindée de narcotrafiquants pour qui vous foutre une balle entre les deux yeux ne serait pas un problème… est-ce qu’on a envie de vivre ici ? loin de tout ? loin des gens ? loin de la bière ? en même temps, c’est le paradis… comme quoi, le paradis, sans humain…on se demande qui va faire Robinson et qui va endosser le rôle de Vendredi…
On commence à marcher et un camion passe enfin…la benne pleine de cannettes vides qu’ils vont revendre, ils sont deja trois mais acceptent de nous prendre, barbiche fera la route sur le toit de cannettes, folklo, il nous pose à san juan, on s'arrête boire une bière, y’a vraiment rien d’autre à faire, petite séance d’introspection où on se dit que ce n’est plus de la socio de l’éco ou je ne sais quelle autre connerie en O mais bel et bien de l’ethno, à l’ancienne, à visiter des tribus au bout du monde…avec les serpents en prime !j’avais oublié ce détail qui n’en est pas un pour moi, en même temps si tout se goupille, ça peut être génial…
On a rendez vous le lendemain à 9h avec Nelly qui vient nous chercher à la posada !à 5h30, la dame de la posada frappe, il y a quelqu’un pour nous… j’y pars, bien réveillée pour parler espagnol, c’est Anna-Maria, qui vit avec nelly, qui part à carupano, la ville la plus proche, c’est à dire à 2h de route et nous propose de nous amener, on y va, pas le choix, de toute façon, on n'a même pas de matelas…nous voilà parti, les yeux nickel, on essaye de pioncer mais c’est dur, la route tourne à mort…8h, on est à carupano, on fait nos courses jusqu’à midi, et puis on attend des gens qui doivent arrivé de cumana, on comprend alors qu’il y a une formation à la mancommunidad pendant 3 jours…c’est cool, on va pas être livré à nous mêmes…
Les gens sont sympas, on tchatche, enivré pas le bruit des vagues…
On vient de manger c’était délicieux, après ça va être roots, 4 mois, à l’eau froide, ici, moi qui suis pas maniaque trouve quand même que c’est pas nickel, voir par endroit assez crado, mettre le produit pour faire fuir les serpents, les moustiques, les chiens, la cuisine au feu de bois, à quand mon prochain pot de nutella…ah…ah….
Enfin, quand même l’impression que quoi qu’il en soit, que ça se passe bien ou pas d’ailleurs ça changera quelque chose à jamais et que je suis en train de vivre certainement l’une des plus folles expériences de ma vie…c’est grisant, ça fait peur, ça fait mal, ça fait rire, mais que c’est bon de se prendre des claques dans la gueule !!!
Deux trois petits commentaires de barbiche...
Pendant le voyage en camionneta de rio caribe a san juan j'ai été pris d'un sentiment vraiment fort
Posté le 24.03.2008 par bolivarrennais
En fait, j'écrivai le texte sur nos péripéties un peu en dessous, et je commençai à m'étendre sur les questions politiques et l'analyse des expériences qu'on peut faire ici avant me rendre compte que ça intéresse pas forcément tou le monde (je dis pas que le reste de nos aventures intéresse tout le monde mais bon partant de ce principe là, y a plus de blog...)
donc j'aimerai bien savoir si des textes sur la situation sociale et politique ici ça intéresse des gens, histoire de savoir si j'écris pour quelqu'un que ça intéresse. Sinon rassurez vous mon mémoire me comblera amplement...
Donc si i y a des gens qui seraient intéressés pour échanger sur l'expérience socialiste vénézuélienne que je peux décrire un peu, moi ça me botterait bien d'avoir des points de vue extérieur... disons que la distanciation est parfois un peu dure, surtout quand a coté tu dois faire une mission avec les mêmes dispositifs que t'es censé observer...
Pour l'instant on as mis nos observations du congrès du Frente Nacional Comunal Simon Bolivar. pas vraiment bcp d'analyse mais c'est déja assez riche pour se faire une idée..
je vous embrasse, et espère bien qu'ily en a au moins un ou deux que ça branchera...
je peus même vous envoyer des docs par mail (genre hakim là je pense fort à toi... et à notre prochaine discussion sur la playa de la tortuga bien calè dans un hamac face à la mer...)
hasta luego!!!
Posté le 24.03.2008 par bolivarrennais
Congrès du Frente Nacional Comunal Simon Bolivar, 14 et 15 Mars 2008
Après la première rencontre des portes paroles des conseils communaux qui s'est tenu en février 2007, l'idée d'un Frente Nacional qui regrouperait les portes paroles de CC de l'ensemble du pays avait été lancée. Il s'agit aujourd'hui du premier congrès du Frente, dont l'objectif déclaré est de définir les statuts et les objectifs du FNCSB.
Nous avons pu nous rendre, dans la semaine la préparation du congrès, au siège du frente, et ainsi rencontrer un certain nombre de jeunes (20/25 ans) de tout le pays qui sont venus à Caracas pour préparer l'évènement et qui dorment dans les locaux. Andres, notre maître de sage et deux autres types apparaissent comme les leaders, ou plus exactement les coordinateurs du FNCSB.
Le congrès se tenait à l'Université bolivarienne du Vénézuéla, au quatrième étage dans le salon bien nommé « salon Simon Bolivar », que nous avons trouvé après moult errements dans la fac, suivis par un certains nombres de voceros (portes paroles) eux aussi perdus... Sur les indications d'un « companero » du frente rencontré au bureau pendant la semaine, nous trouvons enfin l'escalier qui mène au salon avec a peu près une heure et demi de retard sur l'heure prévue. Nous arrivons dans l'escalier et nous tombons sur une file d'une cinquantaine de personnes qui patientent pour pouvoir rentrer.
Une grande affiche (voir photo) avec bolivar, etc... annonce l'évènement, les gens se font prendre en photo devant. Après une attente d'une dizaine de minutes, nous accédons au tables d'accueil ou chacun doit donner son nom, numéro de carte d'identité (c'est un phénomène récurrent au Vénézuela; la carte d'identité étant un des acquis du chavisme qui a permis de faire rentrer dans la citoyenneté des millions de personnes jusqu'alors exclues, demander la CI est en fait un moyen de valoriser la citoyenneté plus que de vérifier l'identité...) Chacun reçoit une étiquette à porter autour du cou avec son nom, n° CI et son état d'origine (région), ainsi qu'une pochette avec les symboles du FNCSB et à l'intérieur un autocollant et une tract de présentation du frente, ainsi que deux pages blanches. On voit clairement ici la volonté de susciter une ambiance ou une démarche de travail, mais aussi une volonté de fédérer autour de symboles communs, qu'il s'agit de s'approprier et par la suite de diffuser, comme le « logo » du frente, avec bolivar etc... Un des objectifs du Frente est aussi de constituer réellement un groupe, de se reconnaître et de se sentir appartenir à une organisation.
Presque la moitiés (la quasi totalité à la fin du congrès) des participants porte un t-shirt aux couleurs du FCNSB ou d'une quelconque organisation chaviste, à savoir le rouge bien-sur.
La salle est assez grande, il y a un drapeau du Vénézuéla sur l'estrade, ainsi que de nombreux symboles; l'espace de l'estrade sera enrichie au fur et à mesure du congrès (notamment un portrait géant de bolivar le lendemain matin),et.. il y a la clim à fond!!! Quand on demande s'il ne serai pas possible de baisser la clim, étant donné qu'il fait 30 dehors et qu'ici, tout le monde rêve d'avoir une doudoune, on nous répond tranquillement que la solution est d'ouvrir les fenêtres vu la chaleur qu'il fait dehors...
Il y a une quinzaine de personnes assises devant l'estrade, ce sont celles qui vont s'exprimer pendant la matinée; et sinon a peu près 600/700 personnes assises dans la salle.
Le congrès s'ouvre avec l'hymne national, assez long ou chacun chante à gorge déployée, visiblement tout le monde est heureux d'être ici... Puis c'est l'ouverture avec une pièce de théâtre où les « acteurs » viennent représenter un des piliers qui composent le Vénézuéla (la terre, l'eau, le feu, l'étudiant, le travailleur etc...) Nous assistons ensuite à la recomposition du drapeau vénézuélien, avec chacun des éléments qui est présenté et installé sur le drapeau. Le drapeau est en effet très riche, les fleurs et les céréales montrent la richesse de la nature, le cheval la liberté etc... D'ailleurs, petite anecdote concernant le drapeau ; le cheval présent sur le drapeau courait initialement vers la droite, c'est à dire vers l'avant, et symbolise la libération du peuple... Cependant, un cheval qui coure vers la DROITE, ça fait tache pour un état socialiste, ainsi, le cheval coure maintenant vers la gauche... Il est fort ce Chavez, il arrive même à faire changer le sens de la course des chevaux
Une fois passé sur scène et déclamé son texte, chaque acteur va se mettre à un bout de la scène et quand tout le monde est passé (environ vingt minutes), ils se rejoignent devant la scène en se tenant la main, et commencent à chanter « el pueblo, unido jamas sera vencido » ils font une farandole autour de la salle, qui chante quasi à l'unisson, en reprenant le fameux « Patria, Socialisma o Muerte! Venceremos!!! » et autres délices du même genre...
Il s'agit avant tout d'être ensemble, et de créer un espace d'entre soi où l'individu puisse se sentir à l'aise afin d'échanger par la suite et de donner sens au groupe qui n'existe pas encore réellement.
Ensuite, un brillant orateur enflammé ouvre le congrès avec un premier discours suivi de beaucoup d'autres. Les gens sont plus ou moins attentifs, il y a beaucoup de discussions interpersonnelles, d'échanges, etc... peu importe, l'important ne semble pas être tant ce qui est dit que le simple fait d'être là. Tous les représentants des régions sont d'ailleurs honorés car un des animateurs énumère tous les états venezueliens et tous les portes paroles de la dite région sont très heureux, tout le monde applaudit etc...
Les discours se succèdent, rappelant les objectifs et les valeurs défendues par le frente, tout cela dans une euphorie mêlée de fatigue et de faim lorsque arrive l'heure du repas...
Le Frente nacional comunal Simon Bolivar est « un réseau au caractère politico-social, cultural et organisationnel » dont les objectifs sont les suivants :
→ Impulser et développer un modèle de base de conseil communal qui contienne en son sein les éléments constitutifs du pouvoir populaire (politico-juridique, social-organisationnel, économique, militaire et culturel) dont la conception serait le produit de l'initiative créatrice des bases populaires.
→ Servir d'outil pour l'impulsion et la construction des niveaux supérieurs de l'organisation et/ou de l'agrégation des conseils communaux : Communes, Gouvernements communaux et autres formes d'expression du pouvoir populaire, en établissant des relations sociales de pouvoir et de production socialistes.
→Promouvoir à l'intérieur des conseils communaux, les processus d'organisation, de formation et de mobilisation comme des éléments essentiels à leur cohésion, leur unité idéologique et stratégique dans leur lutte politique et revendicative.
→ Promouvoir depuis les bases communales, les leaders politico-sociaux afin de construire une avant-garde populaire en harmonie avec les intérêts véritables du peuple.
→ Impulser un courant révolutionnaire pour la défense et l'approfondissement du processus révolutionnaire et du socialisme bolivarien.
→ Promouvoir et consolider en s'appuyant sur les bases populaires et sur l'organisation communale le grand parti de la révolution bolivarienne, PSUV (parti socialiste uni venezuelien)
→ Lutter pour le dépassement des taches de libération nationale et la construction du socialisme bolivarien anti-imperialiste.
→ Impulser dans tous les espaces politiques, sociaux et territoriaux la discussion et l'exécution populaire du Projet National Simon Bolivar dans la perspective de l'Unité Nationale.
A l'extérieur de la salle des gens discutent tandis qu'à l'interieur, un des intervenants fait un discours classique sur la révolution.
Puis, nous quittons la salle pour manger. Lorsque l'on revient, le même homme est toujours en train de parler, on suppose qu'ils ont fait une pause pour manger.
Ensuite, l'après midi est consacrée à des tables de travail, formées en fonction du numéro derrière les étiquettes distribuées en arrivant. Il y a 13 tables de travail, réparties pour moitié dans des salles dans les étages et pour l'autre moitié dispersées dans le salon. C'est assez pénible d'avoir sept tables de travail dans une même pièce, notamment à cause du bruit qui rend très difficile la compréhension pour des gens qui ne maîtrisent pas la langue, et je ne vise personne! Les gens arrivent au fur et à mesure, nombre de tables de travail se remplissent alors qu'elles ont déjà commencée à travailler.
L'objectif est d'échanger les expériences afin de systématiser les problèmes et d'arriver à une discussions sur les statuts et les fonctions du FNCSB, mais aussi de discuter ensemble du Projet National Simon Bolivar. Ce projet est en effet un plan de développement national, énoncé par Chavez lors de sa réélection, qui englobe tous les aspects sociaux, économiques et politiques du pays.
Je suis à la table n°11 (ce n'est pas ma table mais c'est l'une des plus petites, je m'y sens plus à l'aise.) Y est également présente une dictatrice en puissance qui accapare la parole, l'animatrice prend alors la parole et remet les choses en place. On commence par un tour de parole pour se présenter. Ils sont enchantés qu'un français participent au congrès du Frente et encore plus à leur table de travail. Il y a un type de 15 ans, leurs visages s'illuminent quand il dit son age (ah c'est beau l'avenir du Vénézuéla...), il y a aussi un vieux qui comprend pas trop pourquoi il est là (j'ai été élu par ma communauté pr venir au congrès mais je suis même pas dans un Conseil Communal!!!), d'ailleurs quand une feuille tourne, il demande au gamin a coté de lui d'écrire le nom de son bled (son nom de famille il y arrive...)
Il y a donc l'animatrice qui bosse pour le Frente a Caracas (environ trente ans), la dictatrice (qui bosse a Caracas, 30/35 ans) un type d'une trentaine d'année et quatre ou cinq plus vieux. Il y a aussi une femme d'une quarantaine d'année plus discrète mais qui se révélera très intéressante. Ils viennent vraiment des quatre coins du pays, et à part le gamin, le vieux un peu paumé et moi, chacun parle de manière assez libre. Seulement la dictatrice accapare la parole et a un ton de donneuses de leçon qui ne passe pas, la discussion tourne un peu vers un conflit de personnes plus que d'idées (dans le sens ou elle est tellement chiante que les gens cherchent juste a lui donner tort sans forcement s'intéresser à ses idées...). Après les présentations, le tour de parole tourne autour des attentes de chacun vis à vis du FNCSB, et les principales oppositions résident dans le rapport avec les institutions (le Frente doit-il servir de médiateur?).
Le soir ils vont tous dormir dans un bâtiment (une ancienne réserve de bouffe de « capitalistes » ) réquisitionnée par le gouvernement, dans lequel il y a des missions (santé, etc...)
Le lendemain, les tables de travail se reforment vers 11h, et la discussion porte alors sur l'amendement des statuts du Frente. Discussions assez animées mais constructives, qui, le plus souvent, portent sur des mots a changer plus que sur le fond où chacun semble s'y retrouver.
Vient l'heure de la pause déjeuner, le Frente a tout prévu, au cours de laquelle je fais remarquer que les participants au congrès sont très nombreux, Andres me lache que l'année prochaine ils seront deux fois plus!
Après manger (au passage distribution de canettes de pepsi), tout le monde se retrouve dans le salon, on annonce alors que le ministre de l'agriculture doit venir vers 5h, il faudrait donc que chaque table ait finit son travail pour 5h afin de pouvoir faire un résumé devant le ministre (qui constituerait ainsi la caution chaviste officielle de la création du frente).
Mais le ministre ne vient pas, ils essaient d'établir une connexion téléphonique qui ne s'avère pas fructueuse, bref ça prend du temps, et finalement, vers 5h30, Andres rappelle tout le monde et chaque table envoie alors un vocero pour présenter ses conclusions. C'est long, très long, et beaucoup de personnes sont dehors, prennent contact, échangent, même si en général les voceros d'une région restent ensemble (ils sont venus ensemble en cars....)
Vers 7h, il reste 4 tables de travail à présenter leurs conclusions mais il n'y a plus de temps, Andres propose alors qu'une commission à Caracas recueille toute les comptes rendus et en fasse une synthèse... mais pour les tables restantes, c'est un affront, c'est comme si tout le taf fait en deux jours n'avait servit a rien... la situation vire au bordel et le gros orateur prend alors la parole et d'une voie tonitruante en appelle à la « discipline socialiste... » des gens qui sont sur l'estrade et qui étaient prèt à parler continue à hurler et à exiger de présenter leur travail... Alors l'orateur (qui a ouvert le congrès) prend le micro et chante a plein poumon, le volume pousser a fond « el pueblo unido jamas sara vincido » et autre chants appelant à l'unité. Ca se calme au fur et à mesure, ils présentent la partie suivante du taf qui consiste à ce que deux voceros de chaque région restent à Caracas une semaine de plus pour préparer la synthèse. Les gens l'acceptent a peu près et ensuite ils appellent les voceros un par un sur l'estrade et ils finissent par une photo de groupe et une chanson.
Ici, c'est clairement l'appel à la discipline, aux idéaux socialiste qui permet de garder le contrôle de l'assemblée, puisque se proclamant comme une organisation horizontale, il était tres dur de faire rentrer en ligne de compte une quelconque autorité...
j'ai d'ailleurs surpris une discussion de andres avec des companeros ou il exprimait clairement l'importance des symboles pour l'unité et la construction de la communauté.
Pour conclure le congrès, un type connu a savoir le commandant en chef de l'armée de l'air pdt le caracasso (émeutes populaire en 89, de 30 à 3000 morts selon les sources) qui avait menacer le président de bombarder le palais présidentiel s'il n'arrêtait pas le massacre de la population, fait un discours rapide en rappelant le rôle historique qu'a à jouer l'avant garde révolutionnaire dans l'histoire du Vénézuela et même du monde...
Posté le 24.03.2008 par bolivarrennais
Bon, vous l'avez sûrement remarqué, ce blog est relativement en bordel.. Disons qu'on a mis une semaine à le commencer et qu'après avoir raconter les 2/3 premiers jours, on s'est plus lâché sur des coups de tête que réellement raconter ce qu'on faisait. Et vu que c'est le dernier soir ou on a libre accès à internet, on va en profiter un peu pour raconter tout ça...
Donc on squatte depuis deux semaines à l'ateneo popular, qui est un centre social autogéré (par des beaux mecs !). Ils sont huit à bosser là, belges, italiens et même des vénézuéliens. ils ont acheter la baraque, je sais pas trop comment et ils squattent le deuxième étage. Le premier est réservé aux piaules pour les visiteurs et le rez de chaussé au centre social (bibliothèque, projections de films, débats, classes d'anglais pour les gamins du quartier, etc.) Vraiment un bon plan pour débarquer à Caracas.
Les premiers jours on a dc pris contact avec Andres qui est notre référent ici pour le stage. Bon, il y a eu qques mise au point à faire, mais on a signé les conventions de stage (ça commençait a être urgent vu que j'étais sensé les avoir signées un mois avant le début du stage...) et on a trouvé un endroit où on pouvait bosser ensemble sur un projet qui nous bottait tout les 2. Fanny est assez déçue puisqu'il lui avait signé une convention de stage qui portait sur une problématique agricole dans la péninsule de paria et qu'il s'avère finalement que c'est pas exactement possible. Donc elle doit travailler sur un projet de monnaie sociale, un peu à l'image des Systèmes d'Echange Locaux SEL en Europe, et moi sur la mise en réseau de huit conseils communaux afin de créer une commune sociale (le seul pb c'est que l'existence juridique des communes sociales était un des points de la réforme de la constitution qui a été rejetée, donc pour l'instant c’est fait au titre expérimental...)
Précisons que le lendemain de notre arrivée, Andres m’a mis le nez devant une carte du vénézuela (pendant que barbiche n’était pas là) et m’a dit qu’il y avait des projets partout sur le territoire et que tout était intéressant…moi qui bafouille deux mots ! c’est bien ça met dans l’ambiance… Les vénézueliens sont tellement gentils qu’ils n’osent pas dire non, et du coup, ils disent oui, à des trucs irréalisables, comme une banque de graines par exemple !!!
Retour à notre quotidien… Fin de semaine, c'est le congrès du frente nacional Comunal Simon Bolivar (Fncsb), l'asso avec laquelle on bosse. On a écrit un texte sur le congrès, on le publie juste après.. au passage on a fait un blog pour le Fncsb, un reportage photo je vous met juste après le lien
Donc pendant ce congrès on a pu comprendre que les statuts de l'association avec laquelle on a signé notre convention ne sont pas encore déposés (puisque c'est l'objectif du congrès.)
donc en résumé on a signer une convention de stage avec une association qui n'existe pas encore, Fanny avec une mission qui finalement s'est révélée être pas réalisable à l'endroit indiquée...L'adresse fournit par l'asso correspond donc à un bâtiment squatté ( ils n’ont même pas les clefs de la porte d'en bas, faut attendre que les voisins sortent...) et cerise sur le gâteau en fait on bosse pas vraiment avec le Fncsb mais plutôt avec des potes a eux, des companeros...
Grosso modo ça veut dire que tout le délire bureaucratique autour du stage tu peux l'oublier (dans mon cas on pourrait même parler de faux et usage de faux, mais bon je vais pas trop m'étendre...) Par contre les missions ont l'air sacrément intéressante et personnellement, ça convient tout à fait aux attentes que je peux avoir en ce moment en terme d'expérience et de progression personnelle...
Bon la deuxième semaine a été bcp moins glorieuse, saloperie de semaine sainte, et ici la théologie de la libération a fait en sorte que même si les chavistes peuvent pas encadrer l'Eglise catholique, la religion fait encore office de ciment social, le jeudi avant pâques la procession qu'on est allé voir regroupait effectivement des gens de classes sociales et de positions politiques variées.
Bref, selon Chavez, Jésus était le premier communiste et pour le cardinal machin Chavez est le diable; mais qd il s'agit de la mort de JC tout le monde se réconcilie. Et tombe, tombe, tombe, tombe, et selon les avis conséquent, il parait que cette hécatombe fut la plus belle de tout les temps!!
Désolé, je divague un peu.
Bref, pendant la semaine sainte on a rien mais alors rien branler, a peine fait la teuf... Repos!!! Perso mes 4 mois toulousains avaient presque réussi à me faire oublier que fondamentalement je suis un fainéant!!! Donc là dix heures de sommeil, petit déj, journal, pétard, BD (rwani et aude, je vous aime), ballade, discussion..
bon au bout de 4 jours on commence a se faire chier, mais on s'est fait des potes qui font un ti tour du monde, le tarot et les bières ça passe le temps…
Sérieusement ça fait du bien de se poser, maintenant on est fin près et on déborde d'énergie pour notre nouveau périple...
Dc là; le principe, c'est que demain on fait le tour des ministères, universités, etc… pour choper les doc qui nous manque, et on achète des enceintes parce que on va qd même pas vivre sans musique...à 6h il y a notre chauffeur de taxi attitré (genre celui qu'on a pris en arrivant à l'aéroport avec tout nos bagages, et qui ns a même pas arnaquer...) qui vient nous chopper à l'ateneo, direction la gare de l'oriente, là on prend un bus à 10h (pour être sur d'avoir des places faut arriver deux heures avant et pour être sur que notre chauffeur attitré se pointe, il faut bien une heure de marge...)
mardi matin on arrive a carupano, on choppe un bus direction rio caribe et là on pose tout notre bordel dans une posada (auberge pas chère..) Et là.. le but du jeu c'est de se pointer à la playa tortuga, sachant qu'il y a pas un bus qui y va et une fois là bas de trouver quelqu'un qui nous emmène chez Nelly, qui est la responsable avec ki on va taffer; le problème étant que andres nous a dit de faire gaffe vu qu'il y a plein de chiens errants qui protège sa baraque.... dc on essaie de la choper sans trop se faire bouffer, et ensuite.. on avise!!!
La suite de nos aventures qd on aura notre chez nous sur la playa tortuga!! (Enfin on espère...)
ps: comme on capte pas à playa tortuga, nelly n'écoute ses message que qd elle monte ds la montagne. dc en fait on es pas vraiment sur qu'elle sait qu'on arrive, enfin en tout cas pas cette semaine...
Hasta luego amigos y viva la revolucion!!!