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19.03.2008
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congrés du frente nacional comunal Simon Bolivar

congrés du frente nacional comunal Simon Bolivar

Posté le 24.03.2008 par bolivarrennais
Congrès du Frente Nacional Comunal Simon Bolivar, 14 et 15 Mars 2008

Après la première rencontre des portes paroles des conseils communaux qui s'est tenu en février 2007, l'idée d'un Frente Nacional qui regrouperait les portes paroles de CC de l'ensemble du pays avait été lancée. Il s'agit aujourd'hui du premier congrès du Frente, dont l'objectif déclaré est de définir les statuts et les objectifs du FNCSB.

Nous avons pu nous rendre, dans la semaine la préparation du congrès, au siège du frente, et ainsi rencontrer un certain nombre de jeunes (20/25 ans) de tout le pays qui sont venus à Caracas pour préparer l'évènement et qui dorment dans les locaux. Andres, notre maître de sage et deux autres types apparaissent comme les leaders, ou plus exactement les coordinateurs du FNCSB.

Le congrès se tenait à l'Université bolivarienne du Vénézuéla, au quatrième étage dans le salon bien nommé « salon Simon Bolivar », que nous avons trouvé après moult errements dans la fac, suivis par un certains nombres de voceros (portes paroles) eux aussi perdus... Sur les indications d'un « companero » du frente rencontré au bureau pendant la semaine, nous trouvons enfin l'escalier qui mène au salon avec a peu près une heure et demi de retard sur l'heure prévue. Nous arrivons dans l'escalier et nous tombons sur une file d'une cinquantaine de personnes qui patientent pour pouvoir rentrer.

Une grande affiche (voir photo) avec bolivar, etc... annonce l'évènement, les gens se font prendre en photo devant. Après une attente d'une dizaine de minutes, nous accédons au tables d'accueil ou chacun doit donner son nom, numéro de carte d'identité (c'est un phénomène récurrent au Vénézuela; la carte d'identité étant un des acquis du chavisme qui a permis de faire rentrer dans la citoyenneté des millions de personnes jusqu'alors exclues, demander la CI est en fait un moyen de valoriser la citoyenneté plus que de vérifier l'identité...) Chacun reçoit une étiquette à porter autour du cou avec son nom, n° CI et son état d'origine (région), ainsi qu'une pochette avec les symboles du FNCSB et à l'intérieur un autocollant et une tract de présentation du frente, ainsi que deux pages blanches. On voit clairement ici la volonté de susciter une ambiance ou une démarche de travail, mais aussi une volonté de fédérer autour de symboles communs, qu'il s'agit de s'approprier et par la suite de diffuser, comme le « logo » du frente, avec bolivar etc... Un des objectifs du Frente est aussi de constituer réellement un groupe, de se reconnaître et de se sentir appartenir à une organisation.
Presque la moitiés (la quasi totalité à la fin du congrès) des participants porte un t-shirt aux couleurs du FCNSB ou d'une quelconque organisation chaviste, à savoir le rouge bien-sur.
La salle est assez grande, il y a un drapeau du Vénézuéla sur l'estrade, ainsi que de nombreux symboles; l'espace de l'estrade sera enrichie au fur et à mesure du congrès (notamment un portrait géant de bolivar le lendemain matin),et.. il y a la clim à fond!!! Quand on demande s'il ne serai pas possible de baisser la clim, étant donné qu'il fait 30 dehors et qu'ici, tout le monde rêve d'avoir une doudoune, on nous répond tranquillement que la solution est d'ouvrir les fenêtres vu la chaleur qu'il fait dehors...

Il y a une quinzaine de personnes assises devant l'estrade, ce sont celles qui vont s'exprimer pendant la matinée; et sinon a peu près 600/700 personnes assises dans la salle.
Le congrès s'ouvre avec l'hymne national, assez long ou chacun chante à gorge déployée, visiblement tout le monde est heureux d'être ici... Puis c'est l'ouverture avec une pièce de théâtre où les « acteurs » viennent représenter un des piliers qui composent le Vénézuéla (la terre, l'eau, le feu, l'étudiant, le travailleur etc...) Nous assistons ensuite à la recomposition du drapeau vénézuélien, avec chacun des éléments qui est présenté et installé sur le drapeau. Le drapeau est en effet très riche, les fleurs et les céréales montrent la richesse de la nature, le cheval la liberté etc... D'ailleurs, petite anecdote concernant le drapeau ; le cheval présent sur le drapeau courait initialement vers la droite, c'est à dire vers l'avant, et symbolise la libération du peuple... Cependant, un cheval qui coure vers la DROITE, ça fait tache pour un état socialiste, ainsi, le cheval coure maintenant vers la gauche... Il est fort ce Chavez, il arrive même à faire changer le sens de la course des chevaux
Une fois passé sur scène et déclamé son texte, chaque acteur va se mettre à un bout de la scène et quand tout le monde est passé (environ vingt minutes), ils se rejoignent devant la scène en se tenant la main, et commencent à chanter « el pueblo, unido jamas sera vencido » ils font une farandole autour de la salle, qui chante quasi à l'unisson, en reprenant le fameux « Patria, Socialisma o Muerte! Venceremos!!! » et autres délices du même genre...
Il s'agit avant tout d'être ensemble, et de créer un espace d'entre soi où l'individu puisse se sentir à l'aise afin d'échanger par la suite et de donner sens au groupe qui n'existe pas encore réellement.

Ensuite, un brillant orateur enflammé ouvre le congrès avec un premier discours suivi de beaucoup d'autres. Les gens sont plus ou moins attentifs, il y a beaucoup de discussions interpersonnelles, d'échanges, etc... peu importe, l'important ne semble pas être tant ce qui est dit que le simple fait d'être là. Tous les représentants des régions sont d'ailleurs honorés car un des animateurs énumère tous les états venezueliens et tous les portes paroles de la dite région sont très heureux, tout le monde applaudit etc...
Les discours se succèdent, rappelant les objectifs et les valeurs défendues par le frente, tout cela dans une euphorie mêlée de fatigue et de faim lorsque arrive l'heure du repas...
Le Frente nacional comunal Simon Bolivar est « un réseau au caractère politico-social, cultural et organisationnel » dont les objectifs sont les suivants :
→ Impulser et développer un modèle de base de conseil communal qui contienne en son sein les éléments constitutifs du pouvoir populaire (politico-juridique, social-organisationnel, économique, militaire et culturel) dont la conception serait le produit de l'initiative créatrice des bases populaires.
→ Servir d'outil pour l'impulsion et la construction des niveaux supérieurs de l'organisation et/ou de l'agrégation des conseils communaux : Communes, Gouvernements communaux et autres formes d'expression du pouvoir populaire, en établissant des relations sociales de pouvoir et de production socialistes.
→Promouvoir à l'intérieur des conseils communaux, les processus d'organisation, de formation et de mobilisation comme des éléments essentiels à leur cohésion, leur unité idéologique et stratégique dans leur lutte politique et revendicative.
→ Promouvoir depuis les bases communales, les leaders politico-sociaux afin de construire une avant-garde populaire en harmonie avec les intérêts véritables du peuple.
→ Impulser un courant révolutionnaire pour la défense et l'approfondissement du processus révolutionnaire et du socialisme bolivarien.
→ Promouvoir et consolider en s'appuyant sur les bases populaires et sur l'organisation communale le grand parti de la révolution bolivarienne, PSUV (parti socialiste uni venezuelien)
→ Lutter pour le dépassement des taches de libération nationale et la construction du socialisme bolivarien anti-imperialiste.
→ Impulser dans tous les espaces politiques, sociaux et territoriaux la discussion et l'exécution populaire du Projet National Simon Bolivar dans la perspective de l'Unité Nationale.

A l'extérieur de la salle des gens discutent tandis qu'à l'interieur, un des intervenants fait un discours classique sur la révolution.
Puis, nous quittons la salle pour manger. Lorsque l'on revient, le même homme est toujours en train de parler, on suppose qu'ils ont fait une pause pour manger.
Ensuite, l'après midi est consacrée à des tables de travail, formées en fonction du numéro derrière les étiquettes distribuées en arrivant. Il y a 13 tables de travail, réparties pour moitié dans des salles dans les étages et pour l'autre moitié dispersées dans le salon. C'est assez pénible d'avoir sept tables de travail dans une même pièce, notamment à cause du bruit qui rend très difficile la compréhension pour des gens qui ne maîtrisent pas la langue, et je ne vise personne! Les gens arrivent au fur et à mesure, nombre de tables de travail se remplissent alors qu'elles ont déjà commencée à travailler.
L'objectif est d'échanger les expériences afin de systématiser les problèmes et d'arriver à une discussions sur les statuts et les fonctions du FNCSB, mais aussi de discuter ensemble du Projet National Simon Bolivar. Ce projet est en effet un plan de développement national, énoncé par Chavez lors de sa réélection, qui englobe tous les aspects sociaux, économiques et politiques du pays.

Je suis à la table n°11 (ce n'est pas ma table mais c'est l'une des plus petites, je m'y sens plus à l'aise.) Y est également présente une dictatrice en puissance qui accapare la parole, l'animatrice prend alors la parole et remet les choses en place. On commence par un tour de parole pour se présenter. Ils sont enchantés qu'un français participent au congrès du Frente et encore plus à leur table de travail. Il y a un type de 15 ans, leurs visages s'illuminent quand il dit son age (ah c'est beau l'avenir du Vénézuéla...), il y a aussi un vieux qui comprend pas trop pourquoi il est là (j'ai été élu par ma communauté pr venir au congrès mais je suis même pas dans un Conseil Communal!!!), d'ailleurs quand une feuille tourne, il demande au gamin a coté de lui d'écrire le nom de son bled (son nom de famille il y arrive...)
Il y a donc l'animatrice qui bosse pour le Frente a Caracas (environ trente ans), la dictatrice (qui bosse a Caracas, 30/35 ans) un type d'une trentaine d'année et quatre ou cinq plus vieux. Il y a aussi une femme d'une quarantaine d'année plus discrète mais qui se révélera très intéressante. Ils viennent vraiment des quatre coins du pays, et à part le gamin, le vieux un peu paumé et moi, chacun parle de manière assez libre. Seulement la dictatrice accapare la parole et a un ton de donneuses de leçon qui ne passe pas, la discussion tourne un peu vers un conflit de personnes plus que d'idées (dans le sens ou elle est tellement chiante que les gens cherchent juste a lui donner tort sans forcement s'intéresser à ses idées...). Après les présentations, le tour de parole tourne autour des attentes de chacun vis à vis du FNCSB, et les principales oppositions résident dans le rapport avec les institutions (le Frente doit-il servir de médiateur?).

Le soir ils vont tous dormir dans un bâtiment (une ancienne réserve de bouffe de « capitalistes » ) réquisitionnée par le gouvernement, dans lequel il y a des missions (santé, etc...)
Le lendemain, les tables de travail se reforment vers 11h, et la discussion porte alors sur l'amendement des statuts du Frente. Discussions assez animées mais constructives, qui, le plus souvent, portent sur des mots a changer plus que sur le fond où chacun semble s'y retrouver.
Vient l'heure de la pause déjeuner, le Frente a tout prévu, au cours de laquelle je fais remarquer que les participants au congrès sont très nombreux, Andres me lache que l'année prochaine ils seront deux fois plus!
Après manger (au passage distribution de canettes de pepsi), tout le monde se retrouve dans le salon, on annonce alors que le ministre de l'agriculture doit venir vers 5h, il faudrait donc que chaque table ait finit son travail pour 5h afin de pouvoir faire un résumé devant le ministre (qui constituerait ainsi la caution chaviste officielle de la création du frente).
Mais le ministre ne vient pas, ils essaient d'établir une connexion téléphonique qui ne s'avère pas fructueuse, bref ça prend du temps, et finalement, vers 5h30, Andres rappelle tout le monde et chaque table envoie alors un vocero pour présenter ses conclusions. C'est long, très long, et beaucoup de personnes sont dehors, prennent contact, échangent, même si en général les voceros d'une région restent ensemble (ils sont venus ensemble en cars....)
Vers 7h, il reste 4 tables de travail à présenter leurs conclusions mais il n'y a plus de temps, Andres propose alors qu'une commission à Caracas recueille toute les comptes rendus et en fasse une synthèse... mais pour les tables restantes, c'est un affront, c'est comme si tout le taf fait en deux jours n'avait servit a rien... la situation vire au bordel et le gros orateur prend alors la parole et d'une voie tonitruante en appelle à la « discipline socialiste... » des gens qui sont sur l'estrade et qui étaient prèt à parler continue à hurler et à exiger de présenter leur travail... Alors l'orateur (qui a ouvert le congrès) prend le micro et chante a plein poumon, le volume pousser a fond « el pueblo unido jamas sara vincido » et autre chants appelant à l'unité. Ca se calme au fur et à mesure, ils présentent la partie suivante du taf qui consiste à ce que deux voceros de chaque région restent à Caracas une semaine de plus pour préparer la synthèse. Les gens l'acceptent a peu près et ensuite ils appellent les voceros un par un sur l'estrade et ils finissent par une photo de groupe et une chanson.
Ici, c'est clairement l'appel à la discipline, aux idéaux socialiste qui permet de garder le contrôle de l'assemblée, puisque se proclamant comme une organisation horizontale, il était tres dur de faire rentrer en ligne de compte une quelconque autorité...
j'ai d'ailleurs surpris une discussion de andres avec des companeros ou il exprimait clairement l'importance des symboles pour l'unité et la construction de la communauté.
Pour conclure le congrès, un type connu a savoir le commandant en chef de l'armée de l'air pdt le caracasso (émeutes populaire en 89, de 30 à 3000 morts selon les sources) qui avait menacer le président de bombarder le palais présidentiel s'il n'arrêtait pas le massacre de la population, fait un discours rapide en rappelant le rôle historique qu'a à jouer l'avant garde révolutionnaire dans l'histoire du Vénézuela et même du monde...



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