Après une nuit de bus, nous voilà, enfin, à Carupano, il est 7h 20 et le moins que l’on puisse dire c’est qu’on à la tête dans le cul… bon, après un tour dans la gare, nous décidons de prendre un taxi jusqu’à rio caribe…une vieille chevrolet, genre, la bagnole dans laquelle s’est fait assassiné kennedy, moins la décapotable !!!
Arrivés à Rio Caribe; le type nous demande ou nous déposer... Vu qu'on en as a peu près aucune idée, et qu'il est somme toute que 9 h du matin, on lui demande d'aller jusqu'à l'arrêt de bus pour san juan. Bon autant vous dire que arrêt de bus est une notion relativement différente que par chez nous; grosso modo ça donne dans lacote a la sortie du village en face de la panaderia...Nous décidons de poursuivre la route jusqu’à san juan de la goldonas, apparemment, c’est à 20 bornes, nous montons dans une camionneta, en fait c’est un pick up avec 2 bancs, nous voilà installé avec tout notre barda… en fait 20 bornes, ici, c’est long, une heure plus tard on est toujours pas arrivé, heureusement, le spectacle qui s’ouvre devant nos yeux est splendide, la mer turquoise, la montagne, des palmiers partout, des bananiers et les fèves de cacao qui sèchent sur la route, à part le confort, tout est là, ça y est on arrive au paradis… une heure et demi plus tard, on est arrivé, enfin, reste à trouver un endroit où crécher, la première posada est un peu chére, 100BF la nuit, faut pas déconner, celle d’en face, nettement plus spartiate n’est qu’à 50, on fonce, on a une « chambre matrimoniale », génial !!!
On se pose, et puis, aller, on va pas tourner autour du pot, on file se baigner…l’eau est trop bonne, le soleil cogne à mort, y a de la musique partout et les petites barques des pêcheurs, on savoure, beaucoup, encore et encore… puis, on cherche à manger, nous comprenons alors qu’on est vraiment dans un trou paumé puisqu’il n’y a qu’un endroit où l’on peut bouffer, et puis, on croule pas sous les infos pour remplir nos estomacs !!! p’tit poisson frit, ça fait du bien, allez, direction la fameuse playa tortuga où la fameuse nelly ne nous attend pas !
La camionnette nous dépose, devant un espèce de chemin qui file à pic vers la mer, andres nous a prévenu, y a des chiens…alors, nous nous armons, tous les deux autant terrorisé l’un que l’autre pas la race canine… pierres et bâton, on à l’air malin mais faut pas déconner non plus… après 10 minutes de marche et 20 d’attentes devant le portail quelqu’un vient… super.
Nelly nous reçoit et ce n’est pas la beauté de 26 ans que barbiche attendait, ça pourrai plutôt être largement sa mère… l’endroit est paradisiaque mais tellement reculé !
On tchatche, pour les stages, ça se présente plutôt bien, c’est cool, je vais pouvoir bosser sur l’auto sufisance ça me fait kiffer, ça à l’air génial, pleins d’idées, mais assez loin des doctrines, les gens auxquels on a à faire ne savent pas lire…
Nelly vit en fait avec une autre femme, je pense que c’est un couple qui a fuit le fait que la société venezuelienne est assez inhospitalière envers l’homosexualité, elle occupent une hacienda de cacao, où il y a leur maison plus une autre où il y a deux pièces, et c’est à peu prés tout. Les deux nanas sont sympas, assez barré, avec leurs dix clebards, leur boulot avec le cacao et la révolution dans les 8 villages où les conseils communaux étaient présents avant même la loi, les gens ont l’air assez organisé, les deux sont ingénieurs, ouah le trip de militantes qu’elles se tapent depuis 10 ans !!!
Nelly nous propose de nous héberger dans la salle dans laquelle se réunit tous les vendredi les portes paroles des 8 conseils communaux de la zone… on repart, moitié content, moitié flippé parce que l’endroit où nous sommes est inaccessible à pied, à 1h de marche du premier bled sachant que la zone est blindée de narcotrafiquants pour qui vous foutre une balle entre les deux yeux ne serait pas un problème… est-ce qu’on a envie de vivre ici ? loin de tout ? loin des gens ? loin de la bière ? en même temps, c’est le paradis… comme quoi, le paradis, sans humain…on se demande qui va faire Robinson et qui va endosser le rôle de Vendredi…
On commence à marcher et un camion passe enfin…la benne pleine de cannettes vides qu’ils vont revendre, ils sont deja trois mais acceptent de nous prendre, barbiche fera la route sur le toit de cannettes, folklo, il nous pose à san juan, on s'arrête boire une bière, y’a vraiment rien d’autre à faire, petite séance d’introspection où on se dit que ce n’est plus de la socio de l’éco ou je ne sais quelle autre connerie en O mais bel et bien de l’ethno, à l’ancienne, à visiter des tribus au bout du monde…avec les serpents en prime !j’avais oublié ce détail qui n’en est pas un pour moi, en même temps si tout se goupille, ça peut être génial…
On a rendez vous le lendemain à 9h avec Nelly qui vient nous chercher à la posada !à 5h30, la dame de la posada frappe, il y a quelqu’un pour nous… j’y pars, bien réveillée pour parler espagnol, c’est Anna-Maria, qui vit avec nelly, qui part à carupano, la ville la plus proche, c’est à dire à 2h de route et nous propose de nous amener, on y va, pas le choix, de toute façon, on n'a même pas de matelas…nous voilà parti, les yeux nickel, on essaye de pioncer mais c’est dur, la route tourne à mort…8h, on est à carupano, on fait nos courses jusqu’à midi, et puis on attend des gens qui doivent arrivé de cumana, on comprend alors qu’il y a une formation à la mancommunidad pendant 3 jours…c’est cool, on va pas être livré à nous mêmes…
Les gens sont sympas, on tchatche, enivré pas le bruit des vagues…
On vient de manger c’était délicieux, après ça va être roots, 4 mois, à l’eau froide, ici, moi qui suis pas maniaque trouve quand même que c’est pas nickel, voir par endroit assez crado, mettre le produit pour faire fuir les serpents, les moustiques, les chiens, la cuisine au feu de bois, à quand mon prochain pot de nutella…ah…ah….
Enfin, quand même l’impression que quoi qu’il en soit, que ça se passe bien ou pas d’ailleurs ça changera quelque chose à jamais et que je suis en train de vivre certainement l’une des plus folles expériences de ma vie…c’est grisant, ça fait peur, ça fait mal, ça fait rire, mais que c’est bon de se prendre des claques dans la gueule !!!
Deux trois petits commentaires de barbiche...
Pendant le voyage en camionneta de rio caribe a san juan j'ai été pris d'un sentiment vraiment fort